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Sensibilisation aux violences faites aux femmes

Par admin raymond-cortat-aurillac2, publié le jeudi 27 novembre 2025 14:25 - Mis à jour le vendredi 28 novembre 2025 13:27

La campagne de sensibilisation aux violences faitesaux femmes concerne la jeunesse
« Sur le coup, on ne met pas les mots»

Hier, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de laviolence à l’égard des femmes, le Cantal a lancé sa campagne desensibilisation au lycée Raymond-Cortat.


«On a déjà eu des remarques un peu sexistes, mais sur le coup, on ne met pasvraiment de mots. » Accroché au pull de Gjulso Llupo, lycéenne de 17 ans, un rubanorange vif trône fièrement. Là, juste à côté du coeur, soigneusement épinglé.
Car au rose, associé au cancer du sein, au vert, pour le col de l’utérus, il y a une autreteinte à ne pas oublier pour compléter la palette : l’orange. Encore trop méconnue dugrand public, cette couleur est l’emblème du 25 novembre, la Journée internationalepour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Une date, qui lance aussi unevaste campagne de sensibilisation.

Dans le Cantal, c’est au lycée professionnel Raymond-Cortat, qu’associations, élus,représentants des forces de l’ordre, de l’Éducation nationale et de la préfecture sesont retrouvés, hier matin. Et ce n’est pas un hasard.


Les jeunes, un vecteur important

Car les chiffres le montrent : les mineures et jeunes adultes sont loin d’être exemptesdes violences. Dans ses nombreux chiffres, l’Observatoire des violences faites auxfemmes rapporte que 12 % des victimes de féminicides avaient entre 20 et 29 ans en2024 et que 4 % étaient mineures. Des jeunes femmes qui sont plus vulnérables faceau numérique : 36 % des mineures victimes de cyberviolences ont vu leur contenuintime diffusé. Des « pourcentages, beaucoup plus hauts » qu’attendus et qui ontmédusé Lucas Ruiz, 16 ans. Tout comme sa comparse Gjulso Llupo, cet élève depremière est l’un des quatre délégués de l’internat de Raymond-Cortat. Formé par lecollectif Osez le féminisme, le quatuor a présenté, en ce 25 novembre, l’expositioninteractive temporairement installée dans le restaurant de l’établissement. Unesensibilisation qui leur a permis de réellement prendre conscience. « Les violencesmatérielles, je n’en avais jamais entendu parler », avoue Lucas. Quant à l’inceste, ilsen avaient conscience « un peu mais pas tant que ça ».

« Les lycéens, demain, se seront les adultes », appuie Agnès Bouysse, directrice duCentre d’information droits des femmes (CDIFF) qui coordonne la campagne et sefélicite des projets avec les scolaires. Cette année pour allier leur force de frappe,toutes les associations et acteurs se sont réunis au sein d’un collectif nommé Fait pasgenre. L’idée, « coordonner les actions sur trois publics : les lycéens, les entreprises etle grand public ». Outre cette exposition, « les associations interviendront dans tousles lycées, jusqu’à fin janvier, à la fois à Mauriac, à Saint-Flour, à Murat, à Aurillac » et3.000 kits sont prêts à être distribués aux élèves : un violentomètre, une capote deverre pour se protéger de la soumission chimique ou encore un panel de numérosd’urgence.
Car si le Cantal est préservé par les phénomènes de délinquance, le département setrouve toujours au-dessus de la moyenne nationale pour les violences sexuelles. Entrejanvier et mai 2025, 90 infractions ont été constatées. Sur la même période, 69 avaientété enregistrées l’an passé. D’où la nécessité de « sensibiliser la jeunesse en intégrantdans le parcours éducatif, les bons comportements à adopter face à cetteproblématique pour que les adultes soient les plus à même de dénoncer et de limiterla prolifération de ces violences », indique Philippe Loos, le préfet. Mais commel’assène Agnès Bouysse : « Pour nous, le 25 novembre, c’est tous les jours. »

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Numéro d’urgence 39.19.

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